JOURNAL SUD OUEST  (DANS LA PRESSE) posté le mardi 17 juin 2008 21:23

Forçats de l'effort

Philippe MENARD

Le triathlon fait de l'endurance la reine des vertus. Au Team Charentes Triathlon, on pratique aussi le sprint. Le club n'a que quelques mois d'existence, mais il vit à cent à l'heure et parade déjà sur les podiums. Stéphane Marsaudon et Éric Pericaud, deux de ses fondateurs, ont remporté un premier pari : démontrer que cette discipline exigeante avait sa place à Cognac.
Dimanche, avec quatre de leurs camarades, ils porteront les couleurs de la cité des eaux-de-vie à « l'Ironman de France » à Nice. « Ironman » se traduit par « homme de fer », et voici pourquoi : prenez 3,8 km de natation, ajoutez 180 km de vélo, couronnez le tout d'un marathon (42,195 km pour être précis) et dîtes-vous que ces joyeux drilles s'avalent ça d'une traite. « C'est l'équivalent de sept matches de foot, sans soigneur, ni mi-temps, ni remplaçant ! », s'amuse Stéphane Marsaudon. Plus rigolo à dire qu'à faire? Mais c'est le genre d'épreuve où on ne débarque pas sur un coup de tête. Les triathlètes sont souvent des sportifs de longue date en quête de sensations plus âpres, plus denses.
Une épreuve à Cognac. « J'ai toujours aimé le sport, mais beaucoup de disciplines sont pourries par l'argent. Je voulais trouver d'autres valeurs. Je me suis lancé un défi il y a quatre ans, et c'est devenu une passion », raconte Stéphane Marsaudon. L'architecte d'intérieur, âgé de 46 ans, a rejoint le club de Saintes. Mais il habite Julienne, et avec quelques comparses d'effort, il voulait recréer un club plus près de ses terres. Il en est devenu président, suivi par 7 licenciés de Saintes, une poignée d'autres qui portaient les couleurs d'Angoulême ou La Rochelle, et une cohorte de novices. Sur les 32 licenciés du club, fondé en octobre, la moitié n'avait jamais prié l'austère trilogie nage, vélo et course à pied.
L'affaire avait pourtant commencé par un couac. Stéphane Marsaudon et ses amis saintais voulaient inaugurer le premier Triathlon de Cognac fin septembre, mais le dossier, construit un peu tardivement, n'avait pu aboutir. La première édition attendra le 28 septembre 2008, avec cette fois tout le temps nécessaire pour tisser un bel événement. La municipalité est sur la même longueur d'ondes. Deux créneaux à la piscine avaient été accordés au club né en octobre, le mardi et le samedi de 7 h 15 à 8 h 45. Un troisième va s'ajouter à la rentrée le dimanche matin, plus une ligne d'eau dédiée aux enfants le mercredi de 17 h 30 à 19 heures.

« S'entraîner devient un deuxième métier. Quand tu fais un Ironman, tes amis, tes proches font des sacrifices »

Depuis deux mois, le club engrange les bons résultats. Au titre de vice-champion régional par équipe en duathlon sprint, à Parthenay, le 27 avril, devant quelques cadors, s'est ajouté un autre en triathlon longue distance, dimanche à Sireuil. Bruno Mercier, en individuel, et Christelle Frapin, chez les « vétéranes », ont également apporté au club deux deuxièmes places régionales.
La longue distance (3 km de natation, 80 km de vélo, 20 km de course) est particulièrement prisée au sein du club cognaçais, quand ils ne s'offrent pas le double avec « l'Ironman ». Un peu moins de 9 heures d'efforts pour les meilleurs, onze pour un amateur passionné comme Stéphane Marsaudon. « C'est une école de la vie comme il n'y en a plus beaucoup », estime-t-il. « Sur dix heures de course, tu passes par tous les stades, l'euphorie, le découragement? », rebondit Éric Péricaud. L'employé d'Aérazur, âgé de 39 ans, a toujours goûté l'extrême. En enduro, d'abord. C'est pour préparer la rugueuse course Gilles Lalay qu'il avait intégré la pratique du triathlon. Depuis, il a arrêté la moto mais persévère à courir. En 2000, à Nice, il avait décroché sa qualification pour le Championnat du monde d'Ironman, au Canada. Il espère faire de même dimanche. Trois ou quatre éléments de Cognac peuvent rêver d'une qualification pour le championnat du monde qui aura lieu cette fois à Hawaï, même si le plateau est encore plus relevé, 2 700 inscrits contre 1 200 l'an dernier.
« Le triathlon, c'est une hygiène de vie, cela fait partie de la vie de tous les jours », témoigne Éric. « S'entraîner devient un deuxième métier. Quand tu fais un Ironman, tes amis, tes proches font des sacrifices. Tu ne fais pas un Ironman tout seul. Dans un coin de ma tête, quand je cours, je pense à mes enfants », poursuit Stéphane. Dans ce sport, il faut vraiment aimer se faire mal? « C'est une philosophie, qui demande du courage et un mental de fer. Il faut oser », lancent les forçats de l'effort.

Photo. H.J.B

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Tous les commentaires de l'article:
JOURNAL SUD OUEST

  • Xav.

    dim 22 jun 2008 10:54

    les gars on a 'limpression que vous avez picolé...Bonne chance poue Nice..et biz à Jaja de ma part!

  • ouf team

    mar 17 jun 2008 22:03

    Si , FR3 avec un ouf man plus rapide que duche en natation
    Super journée et merci de ta visite. T'es un chef debordant de gentillesse et d'humilité.

  • gnr

    mar 17 jun 2008 21:40

    rien à ajouter